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Plainte pour torture contre le Général Haftar, l'homme fort de l'Est de la Libye.

30 mai 2018

 

La présidente de l'Association LIMBO a révélé  sur France 24 qu'une plainte avait été déposée le 18 avril dernier contre le Général Haftar alors que celui-ci était reçu à l'Élysée (lire le texte complet de la plainte ci-dessous).

La présidente de LIMBO  a également fait part des craintes de l'association concernant la situation politique actuelle en Libye, les  mauvais traitements réservés aux migrants dans ce pays devenu un véritable marché aux esclaves et les obstacles croissants mis en place pour les empêcher de quitter cet enfer des migrants. 

Quant à l'accord que le président français veut mettre en place entre les différentes parties libyennes, il est à craindre qu'au-delà d'un règlement politique et de la lutte contre le djihadisme dans le pays, les autorités françaises veuillent aussi légitimer un gouvernement qui aurait pour mission d'empêcher tout départ des migrants de Libye pour traverser la Méditerranée.

Le gouvernement libyen aurait acquis ainsi la "légitimité" internationale nécessaire - comme dans le cas de la Turquie -, pour interdire le départ des migrants et les laisser croupir dans un pays où ils sont maltraités, torturés, violés, rançonnés et vendus comme des esclaves d'un autre âge.

 LIMBO rappelle que toutes les parties dans ce conflit - à l'image du général Haftar - se livrent à de graves violations des droits de l'homme, sans qu'aucune poursuite n'ait été jusqu'à présent engagée. Ce qui aboutit à une totale impunité.

 

TEXTE DE LA PLAINTE

 

LIBYE : LA FRANCE SAISIE PAR UNE PLAINTE CONTRE LE MARÉCHAL HAFTAR, L’HOMME FORT DE L’EST LIBYEN, INVITE CE MARDI A L’ÉLYSÉE

Le 18 avril 2018, un ressortissant libyen a déposé auprès du pôle crime contre l’humanité de Paris une plainte avec constitution de partie civile sur le fondement de la compétence universelle contre le Maréchal HAFTAR, alors que l’homme fort de l’est libyen était hospitalisé en France, pour des tortures subies à la fin de l’année 2014.

Les faits

Le plaignant et sa famille font partie des très nombreuses victimes des milices du Maréchal HAFTAR agissant sous ses ordres dans le cadre des opérations « Dignity » et « Snake’s Sting », opérations par lesquelles le Maréchal a repris le contrôle de l’Est libyen en 2014.

Le foyer familial fut attaqué sans raison en octobre 2014. Le frère et les beaux-frères du plaignant ont été assassinés. Le plaignant fut quant à lui emmené par les membres de la milice et torturé durant trois semaines. Entre autres séquelles, il a perdu son œil droit.

Conflit armé et impunité en Libye

Depuis 2011, un conflit armé fait rage en Libye. L’opposition politique et militaire du Conseil Présidentiel de Fayez AL SARRAJ et de l’Armée Nationale Libyenne du Maréchal HAFTAR conduit à la commission systématique de crimes par les groupes armés qui affiliés aux deux parties.

La société civile internationale n’a de cesse de dénoncer ces exactions - exécutions extra-judiciaires, usage systématique de la torture, du viol, détentions arbitraires, attaques aveugles, … -  et la société civile libyenne n’a de cesse que de chercher à obtenir justice pour ces crimes.

Mais depuis sept ans la Libye s’est enfoncée dans une situation chaotique où les crimes commis par chaque partie restent impunis. Les crimes commis sous le régime du Colonel KADHAFI sont marqués par la même impunité. Ni la Cour pénale internationale, ni les juridictions nationales n’apportent justice aux victimes.

Ce statu quo contribue à détruire le tissu social et empêcher toute réconciliation nationale.

La volonté et le courage de la société civile libyenne qui crie son désir de justice et travaille à son émergence sont étouffés par le climat d’impunité qui règne dans ce pays divisé et rongé par l’instabilité politique.

La compétence universelle et présence sur le sol français de tortionnaires présumés

La France s’est doté en matière de torture d’une compétence universelle restreinte à la présence sur le sol français du tortionnaire présumé.

Or, depuis plusieurs mois, le Maréchal HAFTAR s’est régulièrement sur le territoire français, soit pour participer à des conférences internationales sur la situation libyenne, soit pour y être hospitalisé.

Il ne saurait être admis que des tortionnaires présumés puissent se rendre librement sur le territoire français bénéficier, notamment pour y être hospitalisés, pour avoir à répondre de leurs actes.

Il ne saurait être admis que la France, qui se présente depuis un an comme médiateur du conflit libyen, accueille impunément sur son sol des tortionnaires présumés.

Le plaignant, son avocat et les associations qui l’accompagnent et le soutiennent placent toute leur confiance dans la justice française.

 

Contacts presse :

  • Ingrid METTON, Avocate – 06.81.20.28.40 / im@metton-avocats.com
  • Céline BARDET, juriste international et Présidente de We are not weapons of war – 06.23.50.30.90 / celine.bardet@notaweaponofwar.org

 

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